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Qu’est-ce qu’un influenceur virtuel et pourquoi les marques s’y intéressent ?

Écrit par

Black Centauri

Publié le

Vous avez peut-être déjà croisé Lil Miquela sur Instagram, ou remarqué une égérie de marque au physique presque trop parfait pour être réel. Ce que vous avez vu, c’est probablement un influenceur virtuel : un personnage numérique, créé à l’aide de technologies comme l’intelligence artificielle, qui publie du contenu, collabore avec des marques et rassemble des millions d’abonnés… sans exister dans le monde physique.

Encore confidentiel il y a quelques années, ce phénomène s’installe aujourd’hui comme une évolution structurante du marketing digital. Mais une question reste centrale : s’agit-il d’une véritable opportunité business, ou d’un dispositif spectaculaire réservé aux grandes marques grand public ?

Concrètement, un influenceur virtuel fonctionne comme une persona entièrement maîtrisée : son apparence, sa personnalité, ses valeurs, son ton et les messages qu’il porte sont définis en amont pour servir une stratégie de marque précise.

💡 Pour aller à l’essentiel, voici les points clés à retenir.

  • Un influenceur virtuel est un personnage numérique piloté, conçu pour incarner une marque et publier du contenu comme un influenceur humain.
  • Il offre un contrôle total de l’image, des messages et du calendrier, ce qui limite les risques liés à l’humain.
  • Il permet de réduire certains coûts (logistique, production) tout en maintenant une forte cohérence de communication.
  • Les taux d’engagement peuvent être supérieurs aux influenceurs humains, grâce à leur dimension hybride entre fiction et réalité.
  • Le marché est en forte croissance, porté par l’IA, les moteurs 3D et la diversification des plateformes de contenu.
  • Son utilisation nécessite de rester vigilant sur la transparence, l’authenticité et l’alignement avec votre audience.

Un influenceur virtuel, c’est quoi exactement ?

Un influenceur virtuel est un personnage numérique créé par ordinateur, généralement à partir de technologies comme la CGI (infographie 3D) ou l’intelligence artificielle. Il dispose d’une identité complète : un prénom, une personnalité, des opinions, une esthétique visuelle. Et surtout, il publie régulièrement du contenu sur des plateformes comme Instagram, TikTok ou YouTube, exactement comme le ferait un influenceur humain.

La différence est simple, mais structurante : il n’existe que dans le monde numérique. Et c’est précisément ce qui en fait un levier marketing à part, à la fois maîtrisable et différenciant.

Derrière ces avatars, on retrouve des équipes créatives, parfois épaulées par des algorithmes, qui pilotent chaque prise de parole. Résultat : pas d’imprévu, pas de fatigue, pas de dérapage. Chaque contenu s’inscrit dans une ligne éditoriale pensée pour servir la marque dans la durée.

Parmi les exemples les plus connus :

  • Lil Miquela : lancée en 2016 par le studio américain Brud, elle rassemble plus de 2,4 millions d’abonnés sur Instagram et a collaboré avec des marques comme Prada, Calvin Klein ou Samsung.
  • Noonoouri : avatar au style très reconnaissable, elle a signé un contrat avec Warner Music en 2023 et est devenue égérie de Dior Beauty.
  • Shudu Gram : souvent présentée comme le premier “supermodèle digital”, elle s’inscrit dans les codes du luxe et de la haute couture.

À noter : un influenceur virtuel ne doit pas être confondu avec un mannequin virtuel. Ce dernier désigne généralement une représentation 3D utilisée en e-commerce pour présenter des vêtements ou des produits. Les deux reposent sur des technologies similaires, mais leur rôle diffère : l’un construit une relation et une audience, l’autre sert avant tout à valoriser un produit dans un contexte transactionnel.

©️lilmiquela

Pourquoi les marques s’y intéressent

Un contrôle total de l’image de marque

C’est souvent le premier levier évoqué. Un influenceur virtuel est entièrement maîtrisé : son discours, son apparence, ses prises de position comme son calendrier de publication sont définis en amont. Chaque contenu s’inscrit dans une stratégie cohérente, sans dépendre d’aléas extérieurs.

Dans des secteurs où l’image est déterminante, comme la mode, le luxe ou les cosmétiques, cette maîtrise devient un véritable avantage. La maison Balmain l’a bien compris en lançant sa “Virtual Army”, composée de trois avatars, Shudu, Margot et Zhi, pour incarner ses codes esthétiques et renforcer la cohérence de sa communication.

Un coût souvent plus compétitif

Collaborer avec un influenceur humain de premier plan peut représenter un investissement conséquent, parfois difficile à rentabiliser. À l’inverse, les influenceurs virtuels ouvrent des alternatives plus flexibles.

Pour une TPE ou une PME, créer son propre avatar ou s’appuyer sur une agence spécialisée peut ainsi constituer une porte d’entrée plus accessible.

À cela s’ajoute un point souvent sous-estimé : les coûts logistiques disparaissent. Pas de déplacement, pas de shooting physique, pas de contraintes liées à la disponibilité d’un talent. La production devient plus agile, et plus prévisible.

Un engagement souvent supérieur aux humains

Les premiers retours chiffrés vont dans le même sens. D’après HypeAuditor1, les influenceurs virtuels affichent en moyenne un taux d’engagement de 5,9 %, contre 1,9 % pour les influenceurs humains. Autrement dit, ils génèrent en moyenne trois fois plus d’interactions.

Ce niveau d’engagement s’explique en partie par leur caractère hybride, à la frontière entre fiction et réalité, qui suscite curiosité et conversation.

Une disponibilité et une cohérence sans failles

Un influenceur virtuel peut publier en continu, s’adapter rapidement à une actualité ou accompagner un lancement produit sans contrainte de planning. Cette capacité à produire dans la durée, tout en maintenant une cohérence visuelle et éditoriale, est particulièrement précieuse.

Pour des structures qui doivent arbitrer entre plusieurs priorités, cela permet de sécuriser une présence régulière sans complexifier l’organisation interne. C’est moins une question de volume que de constance et de maîtrise dans le temps.

Un marché en forte croissance

Le marché des influenceurs virtuels reste encore émergent, mais sa dynamique est claire. On compte aujourd’hui plus de 130 influenceurs virtuels actifs dans le monde, dont plus de 70 % évoluent dans les univers de la mode et du lifestyle. À eux seuls, ils génèrent déjà des interactions avec plus de 50 millions d’utilisateurs sur des plateformes comme Instagram et TikTok.

En termes de valeur, les premières estimations confirment cette accélération. Le marché mondial des influenceurs virtuels est évalué à environ 605 millions de dollars en 2026 et pourrait atteindre près de 832 millions de dollars d’ici 2035, soit un taux de croissance annuel moyen de 11,2%.2 Certaines analyses avancent même des projections plus ambitieuses, avec un CAGR compris entre 39 % et 41 %, signe d’un marché encore en structuration, mais à fort potentiel.3

Ce développement s’inscrit dans une tendance plus large. Le marketing d’influence, dans son ensemble, était estimé à un peu plus de 30 milliards de dollars en 2025 et pourrait dépasser les 100 milliards de dollars d’ici 2032, selon plusieurs cabinets d’études.4 Autrement dit, les influenceurs virtuels ne sont pas un phénomène isolé, mais une évolution au sein d’un levier déjà stratégique pour les marques.

Cette croissance repose sur plusieurs dynamiques convergentes :

  • La progression rapide des technologies d’intelligence artificielle générative et des moteurs 3D, qui rendent la création d’avatars plus accessible et plus rapide
  • La diversification des plateformes de contenu, comme Instagram, TikTok, YouTube ou LinkedIn, qui multiplient les points de contact avec les audiences
  • Une attente croissante des marques pour des dispositifs plus maîtrisés, plus cohérents et moins exposés aux risques liés à l’humain

Ce qu’il faut garder en tête : les limites et les risques

Comme toute innovation, les influenceurs virtuels ne constituent pas une solution universelle. Certaines marques adoptent aujourd’hui une approche plus mesurée, notamment face aux risques de rejet ou de lassitude. Avant d’investir, il est utile de clarifier plusieurs points.

  1. Sur l’authenticité : Les études académiques comme les retours de terrain convergent sur un point : la transparence est essentielle. Il est préférable d’assumer clairement qu’il s’agit d’un personnage virtuel, plutôt que de chercher à entretenir une ambiguïté. Utilisé de manière explicite, l’avatar devient un levier créatif. Dans la plupart des cas, il ne remplace pas les prises de parole humaines, mais vient les compléter. Experts, commerciaux ou dirigeants restent au cœur de la relation. Si votre clientèle est plus traditionnelle, l’usage devra être ajusté, avec une approche davantage orientée pédagogie et innovation que mise en avant du personnage lui-même.
  2. Sur les standards irréalistes : Les influenceurs virtuels véhiculent souvent une forme de perfection visuelle difficilement atteignable. Cela peut contribuer à renforcer certains standards, notamment auprès des audiences les plus jeunes. Pour les marques, cela implique une vigilance particulière sur les choix créatifs et les messages associés.
  3. Sur la transparence réglementaire : Le cadre légal évolue et impose des règles claires. En France notamment, les contenus sponsorisés doivent être explicitement identifiés, y compris lorsqu’ils sont portés par des avatars. Le non-respect de ces obligations expose à des risques juridiques, mais aussi à une perte de crédibilité auprès des audiences.
  4. Sur l’intérêt réel des marques : Les signaux du marché sont contrastés. Selon une analyse de la plateforme Collabstr relayée par Digiday, l’intérêt des marques pour les influenceurs virtuels a reculé d’environ 30% entre octobre 2024 et l’été 2025, la part de marques prêtes à intégrer des créateurs IA dans leurs campagnes passant de 86% à 60%.5 Cette évolution s’explique en partie par les interrogations liées à l’usage de l’intelligence artificielle et aux réactions possibles des audiences.

✨ Les influenceurs virtuels ne sont pas là pour faire le buzz. Ils sont là pour servir votre stratégie.

Pour aller plus loin, nous avons regroupé des exemples concrets d’usages d’influenceurs virtuels (engager, incarner, guider) avec des formats réalistes.

Et pour vous, concrètement ?

Une fois les opportunités et les limites posées, l’enjeu n’est pas de suivre une tendance, mais de faire des choix alignés avec vos objectifs. Comme pour la réalité virtuelle ou la réalité augmentée, tout commence par une question simple : en quoi cet outil peut-il réellement servir votre stratégie ?

Marketing : crédibilité et thought leadership

Dans une stratégie marketing, un influenceur virtuel peut jouer un rôle structurant. Il ne s’agit pas uniquement d’un levier d’acquisition, mais d’un élément d’identité, au même titre qu’un logo ou une charte graphique.

Cet avatar devient un point de repère. Il incarne votre univers, vos messages et votre positionnement dans la durée. Et contrairement à un influenceur externe, il s’inscrit dans une logique de continuité : vous en maîtrisez l’évolution, les prises de parole et la cohérence globale.

Il ne remplace pas l’humain. Il le complète. Vous pouvez articuler vos contenus entre cet avatar et vos équipes, en fonction des formats, des messages et des moments clés. C’est cette combinaison qui permet de construire une présence à la fois identifiable et crédible.

Architecture et promotion immobilière : l’alliance de la VR, l’AR et de l’influence

C’est probablement dans ce secteur que la convergence entre réalité virtuelle, réalité augmentée et influenceurs virtuels prend le plus de sens.

La réalité virtuelle transforme déjà la manière de présenter un bien. Aujourd’hui, un acquéreur sur deux attend une visite virtuelle 3D avant même d’envisager un déplacement. Selon une étude citée par plusieurs acteurs du secteur, 75% des acheteurs considèrent la visite virtuelle comme un élément déterminant dans leur décision.6

Dans ce contexte, l’ajout d’un avatar ouvre une nouvelle dimension. Il ne s’agit plus seulement de montrer un lieu, mais de le faire vivre. Un influenceur virtuel peut accueillir les visiteurs, présenter les prestations, contextualiser le projet et accompagner le parcours de découverte.

Disponible en continu, sans contrainte logistique, il permet d’enrichir l’expérience tout en renforçant la cohérence de votre discours. Les visites immersives améliorent déjà l’attractivité des programmes, réduisent les délais de commercialisation et facilitent l’accès à une clientèle internationale. L’intégration d’un avatar vient amplifier cet impact, en rendant l’expérience plus engageante et plus mémorable.

Patrimoine : pédagogie immersive et personnalisation

Pour les acteurs de la formation et du patrimoine, l’enjeu est souvent le même : rendre des contenus complexes accessibles, sans perdre en qualité.

Un expert virtuel peut jouer ce rôle de médiateur. Il incarne un point de contact stable, capable d’expliquer, de contextualiser et de guider, sans contrainte de disponibilité. Cela permet de diffuser un discours homogène, tout en s’adaptant à des volumes importants de visiteurs ou d’apprenants.

Dans le patrimoine, ces avatars peuvent prendre des formes variées, en lien direct avec les lieux et les époques. Un moine dans une abbaye, un capitaine dans une forteresse, un artisan dans un site industriel. Ils accueillent, racontent, mettent en scène.

Résultat : une médiation plus vivante, plus incarnée, et plus facilement déployable à grande échelle que des supports traditionnels seuls. L’objectif n’est pas de remplacer les dispositifs existants, mais de les enrichir pour renforcer la compréhension et l’engagement.

Enrichir vos expériences immersives (VR/AR)

Si vous utilisez déjà la VR ou l’AR, un influenceur virtuel peut s’intégrer de manière naturelle dans vos dispositifs, en tant que guide, coach ou médiateur. Il ne s’agit pas d’ajouter une couche technologique, mais de donner une voix et une continuité à l’expérience.

Quelques cas d’usage concrets :

  • Visite VR guidée : l’avatar accueille le visiteur dans un showroom, un bâtiment, un site industriel ou un parcours patrimonial. Il structure la découverte, explique les éléments clés et accompagne l’utilisateur étape par étape, ce qui facilite la compréhension et renforce l’engagement.
  • Coach AR sur le terrain : via un smartphone ou des lunettes, le personnage s’intègre dans l’environnement réel, qu’il s’agisse d’une machine, d’un chantier ou d’un site historique. Il guide les gestes, apporte du contexte et rend l’information immédiatement actionnable.
  • Parcours hybride : le même personnage intervient à plusieurs moments du parcours. Il peut introduire l’expérience sur les réseaux sociaux, accompagner la visite en VR ou en AR, puis prolonger la relation avec des contenus complémentaires. Cette continuité renforce la mémorisation et la cohérence globale de votre dispositif.

Conclusion

Les influenceurs virtuels ne sont plus une expérimentation réservée à quelques grandes marques. Ils s’inscrivent désormais comme une évolution tangible du marketing d’influence, avec des bénéfices concrets : une maîtrise fine de l’image, des coûts plus prévisibles, un potentiel d’engagement élevé et une disponibilité continue.

La vraie question n’est plus de savoir si ce mouvement va vous concerner, mais à quel moment et dans quelles conditions il devient pertinent pour votre organisation.

Dans la plupart des cas, l’approche la plus efficace reste progressive. Inutile de chercher à tout déployer d’un coup. Commencez par cadrer un premier usage : identifier un contexte précis, définir un avatar simple et poser quelques indicateurs clairs pour mesurer l’impact.

Un atelier d’idéation ou un proof of concept sur une campagne ciblée permet souvent de valider rapidement l’intérêt, d’ajuster les choix créatifs et de tester la réception côté audience, avant d’envisager un déploiement plus large.

Si le sujet fait écho à vos enjeux, le plus simple reste d’en discuter. Notre équipe peut vous aider à clarifier les cas d’usage pertinents et à structurer une première expérimentation adaptée à votre contexte.

📌 Voyons ensemble ce qui est vraiment pertinent pour vous

Nous vous aidons à identifier où un influenceur virtuel peut réellement créer de la valeur, en fonction de votre contexte, de vos priorités et de vos équipes.

  1. HypeAuditor, « The top Instagram virtual influencers in 2021 », étude citée dans « Influenceurs virtuels VS influenceurs réels : ce que dévoile la dernière étude HypeAuditor », MyDigitalWeek, consulté en 2026. ↩︎
  2. Global Market Statistics, « Virtual Influencers Market Size and Industry Analysis », 2026 (chiffres 605,02 M$ en 2026, 831,93 M$ en 2035, CAGR 11,2%). ↩︎
  3. Fundamental Business Insights, « Virtual Influencer Market Size & Share, Forecast Report 2032 », 2024 (CAGR > 39,6% sur la période 2026–2035) ; Grand View Research, « Virtual Influencer Market Size & Share, Industry Report 2025–2030 », 2024 (CAGR de 40,8% entre 2025 et 2030) ; Spherical Insights, « France Virtual Influencer Market Size, Analysis, Forecasts to 2035 », 2023 (CAGR de 41,19% sur le marché français entre 2025 et 2035). ↩︎
  4. Statista, « Global influencer marketing market size », 2015–2025 (environ 33 Md$ en 2025) ; The Report CUBES, « Influencer Marketing Market Size & Trends 2026–2032 » (de 19,96 Md$ en 2025 à 99,52 Md$ en 2032) ; Allied Market Research, « Influencer Marketing Market Size, Analysis – 2032 » (de 16,5 Md$ en 2022 à 199,6 Md$ en 2032). ↩︎
  5. Digiday, « Crunching the numbers on brands and virtual influencers in 2025 », 10 septembre 2025, à partir de données de la plateforme Collabstr (86% des marques prêtes à inclure des créateurs IA en octobre 2024, contre 60% en août 2025) ↩︎
  6. Étude Planet Home citée par BoxBrownie, « 8 reasons why virtual tours are more important than ever », 2022 (« 75% des prospects interrogés déclarent préférer les visites virtuelles pour les aider dans leur processus de décision »), et par Another Reality Studio, post LinkedIn du 16 octobre 2023. ↩︎

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