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Pourquoi les marques de mode et de luxe adoptent les personnages virtuels

Écrit par

Black Centauri

Publié le

Lil Miquela collabore avec Prada. Noonoouri s’inscrit dans l’univers de Dior, Valentino ou Balenciaga. Shudu Gram a été intégrée à une campagne Balmain. Ces figures ne sont pas des mannequins humains. Ce sont des personnages virtuels, créés en 3D, en image de synthèse ou avec l’aide de l’intelligence artificielle.

Pour les marques de mode et de luxe, ce phénomène n’est plus seulement une curiosité créative. Il devient une nouvelle manière d’incarner un univers, de produire du contenu, de créer une relation avec des audiences digitales et de tester des formats plus immersifs.

Pour les responsables marketing et les dirigeants de PME dans la mode, le luxe ou le retail, la vraie question n’est donc pas seulement: “est-ce que les personnages virtuels sont tendance?” La question la plus utile est plutôt: “quel rôle peuvent-ils jouer dans une stratégie de marque?”

💡 Pour aller à l’essentiel, voici les points clés à retenir.

  • Les personnages virtuels permettent aux marques de mode et de luxe de créer un actif de marque plus cohérent, maîtrisé et réutilisable dans le temps.
  • Ils ne se limitent pas aux influenceurs virtuels. Ils peuvent aussi prendre la forme d’un avatar, d’une mascotte digitale, d’un mannequin virtuel ou d’un guide intégré à une expérience immersive.
  • Leur intérêt principal n’est pas de remplacer les créateurs humains, mais d’enrichir la narration de marque avec un personnage propriétaire.
  • Dans la mode et le luxe, ils répondent à des enjeux clés: cohérence visuelle, désirabilité, innovation, production de contenu et connexion avec les jeunes audiences.
  • Leur usage demande de la prudence: transparence, droit à l’image, réalisme, représentation et alignement avec les valeurs de la marque doivent être cadrés.
  • Pour une PME, le bon point de départ consiste souvent à tester un personnage sur un périmètre limité avant de développer un influenceur virtuel complet.

Personnage virtuel, avatar, mannequin virtuel: de quoi parle-t-on vraiment?

Avant d’aller plus loin, il faut clarifier les termes.

Un personnage virtuel est une figure numérique créée pour représenter une marque, un univers ou une idée. Il peut être réaliste, stylisé, humain, animal, fantastique ou totalement imaginaire.

Mais tous les personnages virtuels n’ont pas le même rôle.

Un avatar digital de marque peut servir à représenter une entreprise, un expert ou un conseiller dans une expérience numérique. Une mascotte virtuelle peut humaniser une marque et créer un repère visuel simple. Un mannequin virtuel permet surtout de présenter des vêtements, des accessoires ou des collections dans un contexte e-commerce ou éditorial. Un influenceur virtuel, lui, va plus loin: il possède une personnalité, une ligne éditoriale, une présence sociale et une capacité à publier comme un créateur de contenu.

Cette distinction est importante, car elle influence directement le budget, le rythme de production, le niveau de gouvernance et les attentes de performance.

Si vous souhaitez approfondir ces différences, nous avons consacré un article complet au sujet: Avatar, mascotte, VTuber, influenceur virtuel: quelles différences?

© Lil Miquela

Un marché qui se structure, mais à lire avec prudence

Le marché des influenceurs virtuels progresse rapidement. Grand View Research estime que le marché mondial des influenceurs virtuels pourrait atteindre 45,88 milliards de dollars d’ici 2030, avec une croissance annuelle moyenne de 40,8% sur la période 2025-2030.1

Ces chiffres traduisent une dynamique réelle: les marques testent davantage les avatars, les mannequins numériques, les personnages IA et les expériences sociales autour de figures virtuelles.

Mais il faut rester prudent. Les estimations de marché varient fortement selon ce que les cabinets incluent dans leur périmètre: technologies de création, services d’agence, campagnes d’influence, contenus 3D, avatars IA, solutions logicielles ou plateformes sociales.

Ce qu’il faut retenir est plus simple: les personnages virtuels ne sont plus un sujet marginal. Ils deviennent progressivement un levier étudié par les marques qui cherchent à construire des univers plus cohérents, plus flexibles et plus adaptés aux nouveaux usages digitaux.

Dans la mode et le luxe, ce mouvement est particulièrement visible, car ces secteurs reposent déjà sur l’image, la narration, le désir et la mise en scène.

Pourquoi la mode et le luxe s’y intéressent autant

1. Créer un actif de marque totalement cohérent

Dans la mode et le luxe, l’image ne se limite pas à l’esthétique. Elle porte une vision, un imaginaire, une promesse et une exigence.

Un personnage virtuel permet de construire une figure parfaitement alignée avec cet univers. Son apparence, son vocabulaire, ses décors, ses références culturelles, ses poses, ses tenues et ses prises de parole peuvent être cadrés dès le départ.

Cela ne signifie pas que le risque disparaît. Un personnage virtuel peut aussi être mal perçu s’il manque de transparence, de sensibilité ou de cohérence. Mais la marque maîtrise davantage les paramètres de création qu’avec un influenceur humain externe.

Le vrai avantage n’est donc pas le “contrôle total”. Il est dans la continuité. Un personnage peut devenir un actif propriétaire, reconnaissable et réutilisable dans le temps, au même titre qu’un territoire visuel, une signature ou une plateforme de marque.

2. Explorer de nouveaux formats narratifs

Un personnage virtuel n’est pas limité par les contraintes physiques d’un shooting traditionnel.

Il peut apparaître dans un décor impossible, traverser plusieurs univers visuels, porter une collection avant même sa production physique, entrer dans un espace immersif, guider un utilisateur dans une expérience virtuelle ou créer des contenus impossibles à tourner dans le réel.

Pour une maison de luxe, cela ouvre un terrain narratif puissant. Le personnage ne se contente pas de porter un produit. Il peut incarner un monde.

C’est ce qui explique l’intérêt de certaines marques pour des figures comme Lil Miquela, Noonoouri ou Shudu Gram. Leur valeur ne repose pas uniquement sur leur apparence. Elle vient de leur capacité à faire dialoguer mode, culture digitale, réseaux sociaux, musique, gaming, animation et storytelling.

C’est aussi dans cette logique que nous avons créé Marine, notre personnage virtuel chez Black Centauri. Marine n’a pas été pensée comme une simple égérie digitale, mais comme une présence capable d’incarner un univers, d’accompagner des contenus, de rendre certaines idées plus accessibles et d’explorer des formats que la communication classique ne permet pas toujours. Elle nous permet de tester concrètement ce que peut devenir un personnage virtuel lorsqu’il est traité comme un actif de marque: une identité stable, un ton reconnaissable et un point d’entrée plus humain vers des sujets parfois complexes.

Pour aller plus loin sur les cas concrets, vous pouvez consulter notre article: Influenceurs virtuels: 9 exemples concrets pour les marques

3. Répondre aux codes des jeunes audiences

Les jeunes consommateurs ont grandi avec les avatars, les filtres, les jeux en ligne, les réseaux sociaux, les mondes virtuels et les personnages numériques. Pour eux, l’identité digitale n’est pas nécessairement opposée à l’identité réelle. Elle fait partie de l’expérience.

Dans le luxe, cet enjeu est stratégique. Bain & Company estime que la Gen Z pourrait représenter 25% à 30% des achats de luxe d’ici 2030, tandis que les Millennials pourraient en représenter 50% à 55%.2

Cela ne veut pas dire que les marques doivent tout miser sur des avatars ou des influenceurs IA. Cela signifie plutôt qu’elles doivent comprendre les nouveaux codes culturels de ces publics: personnalisation, créativité, communauté, hybridation entre physique et digital, et attention accrue à la cohérence des valeurs.

Un personnage virtuel peut devenir un pont entre ces codes et l’univers de marque. À condition d’être pensé comme un projet éditorial, pas comme un simple effet technologique.

4. Produire du contenu avec plus de flexibilité

La production de contenus dans la mode et le luxe demande souvent une organisation lourde: casting, stylisme, lieu, direction artistique, shooting, post-production, retouches, validation, déclinaisons.

Les personnages virtuels peuvent apporter plus de souplesse. Une fois le personnage créé et correctement cadré, il devient possible de produire des visuels, des vidéos courtes, des contenus sociaux, des variations de looks, des mises en scène ou des supports e-commerce avec une plus grande agilité.

Cela ne signifie pas que tout devient simple ou peu coûteux. Créer un personnage crédible demande une direction artistique forte, une cohérence visuelle, des validations et parfois une modélisation 3D avancée. Mais sur certains formats, notamment les tests créatifs, les contenus sociaux ou les déclinaisons visuelles, la production peut devenir plus rapide et plus prévisible.

L’enjeu n’est pas de remplacer les shootings humains. Il est d’ajouter un actif créatif réutilisable, capable de prolonger les campagnes et d’enrichir les contenus existants.

Ce que cela change dans le marketing mode, luxe et retail

E-commerce: mieux présenter les produits

Dans l’e-commerce, les personnages virtuels peuvent prendre la forme de mannequins numériques, de silhouettes 3D, d’avatars ou de guides de style.

Leur rôle est alors très concret: aider l’utilisateur à mieux visualiser une coupe, une silhouette, une taille, une texture ou une association de produits.

Cette logique rejoint l’essor des contenus 3D et de la réalité augmentée dans le commerce en ligne. Shopify indique par exemple que les marchands ajoutant des contenus 3D à leurs boutiques observent en moyenne une hausse de conversion de 94%.3 Ce chiffre doit être lu avec prudence, car il dépend du secteur, du produit et de la qualité de l’intégration. Mais il confirme une intuition simple: plus un client peut se projeter, plus il avance avec confiance.

Pour une marque de mode ou d’accessoires, l’intérêt est donc clair: le personnage virtuel peut rendre l’expérience produit plus vivante, plus contextualisée et plus mémorable.

Réseaux sociaux: construire une présence reconnaissable

Sur Instagram, TikTok ou YouTube Shorts, les marques doivent produire régulièrement sans perdre leur cohérence. C’est précisément là qu’un personnage virtuel peut devenir utile.

Il peut introduire une collection, commenter une tendance, raconter les coulisses d’une création, guider une sélection de produits, incarner une campagne ou créer un format récurrent.

Mais attention: un personnage virtuel ne fonctionne pas simplement parce qu’il est visuellement réussi. Il doit avoir un rôle clair. Pourquoi prend-il la parole? À qui s’adresse-t-il? Que peut-il dire que la marque ne dit pas déjà? Quelle relation entretient-il avec les équipes humaines, les créateurs, les stylistes ou les clients?

Sans réponse à ces questions, le personnage risque de devenir décoratif.

Expériences immersives: donner un visage à l’univers de marque

Les personnages virtuels peuvent aussi s’intégrer dans des expériences plus immersives: showroom virtuel, essayage augmenté, événement digital, boutique 3D, visite interactive ou activation sur un salon.

Dans ce contexte, ils ne servent pas uniquement à “faire de l’influence”. Ils deviennent des guides, des conseillers, des médiateurs ou des incarnations de l’univers de marque.

Un avatar peut accueillir un visiteur dans une boutique virtuelle. Un personnage peut présenter une collection dans un showroom 3D. Une figure récurrente peut accompagner une expérience en réalité augmentée. Ce type d’usage est particulièrement intéressant pour les marques qui veulent connecter storytelling, produit et expérience digitale.

Si vous souhaitez comprendre comment les technologies immersives peuvent s’intégrer dans une stratégie marketing, vous pouvez lire notre article: Pourquoi les marques commencent à intégrer la XR dans leur stratégie marketing.

Les limites à connaître avant de se lancer

Les personnages virtuels ouvrent de nouvelles possibilités, mais ils ne sont pas une solution magique.

La première limite est celle de la confiance. Une étude relayée autour du rapport 2024 de Sprout Social montre que 37% des consommateurs seraient plus intéressés par une marque utilisant un influenceur IA, tandis que 37% déclareraient aussi que cela les rendrait plus méfiants.4 Ce double signal est essentiel: la curiosité existe, mais elle ne remplace pas la crédibilité.

La deuxième limite concerne la transparence. En France, la loi encadrant l’influence commerciale prévoit notamment que les contenus générés par intelligence artificielle représentant un visage ou une silhouette soient accompagnés de la mention “Images virtuelles”, ou d’une mention équivalente adaptée au support.5 Lorsqu’il y a une intention commerciale, celle-ci doit aussi être clairement identifiable.

La troisième limite touche à la représentation. Un personnage virtuel n’est jamais neutre. Son âge apparent, son corps, son style, son origine supposée, sa voix et son comportement racontent quelque chose. Dans la mode et le luxe, où les standards visuels sont déjà très codifiés, ce point doit être traité avec responsabilité.

Enfin, le réalisme maximal n’est pas toujours le meilleur choix. Un personnage trop réaliste mais mal animé peut créer une impression de malaise. À l’inverse, un personnage plus stylisé, mais cohérent dans son univers, peut être plus mémorable et plus facile à produire dans la durée.

✨ Les influenceurs virtuels ne sont pas là pour faire le buzz. Ils sont là pour servir votre stratégie.

Pour aller plus loin, nous avons regroupé des exemples concrets d’usages d’influenceurs virtuels (engager, incarner, guider) avec des formats réalistes.

Ce que les PME peuvent en retenir

Cette tendance n’est pas réservée aux grandes maisons. Mais les PME n’ont pas besoin de commencer par un influenceur virtuel complet.

Une marque de mode, de retail ou de lifestyle peut démarrer plus simplement avec:

  • un avatar de marque pour présenter une collection;
  • une mascotte digitale pour animer des contenus sociaux;
  • un mannequin virtuel pour tester des visuels e-commerce;
  • un personnage récurrent pour guider les clients dans un univers produit;
  • une série de contenus courts pour mesurer la réaction de l’audience;
  • un guide virtuel dans une expérience immersive ou un showroom digital.

Le bon point de départ n’est pas la technologie. C’est le rôle du personnage.

Doit-il rassurer? Inspirer? Expliquer? Faire découvrir une collection? Créer de la proximité? Renforcer la mémorisation? Accompagner une expérience digitale? Porter un univers plus créatif que les prises de parole institutionnelles?

C’est seulement après avoir répondu à cette question qu’il devient pertinent de choisir le format: avatar, mascotte, mannequin virtuel, influenceur virtuel ou personnage intégré à une expérience XR.

Pour cadrer ce type de projet, nous avons aussi publié un guide dédié: Créer un influenceur virtuel pour sa marque: 5 points clés

Par où commencer?

Pour une PME, la meilleure approche consiste à avancer par étapes.

Commencez par identifier un usage simple: une campagne, une collection, un lancement produit, une série de publications, une page e-commerce ou une expérience immersive limitée.

Définissez ensuite l’identité du personnage: son rôle, son apparence, sa voix, ses limites, ses références visuelles, son niveau de réalisme et les sujets qu’il peut aborder.

Puis testez. Observez les réactions, la compréhension du concept, l’engagement, les questions des clients, la capacité de votre équipe à produire régulièrement et la cohérence entre le personnage et votre marque.

Un personnage virtuel n’a pas besoin d’être parfait dès le départ. Il doit être juste, lisible et utile.

Conclusion: une nouvelle manière d’incarner la marque

Les personnages virtuels ne remplacent ni les créateurs humains, ni les stylistes, ni les équipes marketing, ni les ambassadeurs réels. Leur intérêt est ailleurs.

Ils permettent aux marques de mode et de luxe de créer un actif propriétaire, capable d’incarner un univers, d’enrichir une expérience et de prolonger une stratégie de contenu dans le temps.

Leur valeur ne vient pas seulement de la technologie utilisée. Elle vient de la clarté du rôle qu’on leur donne.

Un personnage virtuel réussi n’est pas un gadget visuel. C’est une présence de marque pensée avec la même exigence qu’un logo, une direction artistique ou une campagne éditoriale.

Vous réfléchissez à la place qu’un avatar, une mascotte ou un personnage virtuel pourrait prendre dans votre stratégie digitale? Le meilleur point de départ est souvent un audit simple: vos contenus actuels, vos audiences, vos canaux, vos produits et les moments où un personnage pourrait réellement améliorer la compréhension, la mémorisation ou l’engagement.

Discutons ensemble de votre stratégie digitale et de la manière dont un personnage virtuel pourrait l’enrichir.

📌 Voyons ensemble ce qui est vraiment pertinent pour vous

Nous vous aidons à identifier où un influenceur virtuel peut réellement créer de la valeur, en fonction de votre contexte, de vos priorités et de vos équipes.

  1. https://www.grandviewresearch.com/press-release/global-virtual-influencer-market ↩︎
  2. https://www.bain.com/insights/long-live-luxury-converge-to-expand-through-turbulence/ ↩︎
  3. https://www.shopify.com/blog/3d-ecommerce ↩︎
  4. https://www.customerexperiencedive.com/news/influencer-creator-generative-ai-marketing-report/714367/ ↩︎
  5. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047663185 ↩︎

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